Parution de 'Notre frère et ami le Caméléon' de Léonard Makosso-Akendengué [coll. Les Impliqués - 2016]

Léonard Makosso-Akendengué

Couverture 'Notre frère et ami le caméléon' Makosso-Akendengué Léonard

 

Parution de NOTRE FRÈRE ET AMI LE CAMÉLÉON de Léonard Makosso-Akendengué [Littérature africaine][Coll.Les Impliqués]

NOTRE FRÈRE ET AMI LE CAMÉLÉON

Léonard Makosso-Akendengué

Collection Les Impliqués / Harmattan

Genre : Fiction 

Tout le monde connaît les dons du caméléon. Mais c'est aussi un animal maléfique. On s'en souviendra lors de son procès après la destruction du Boeing -œuvre de terroristes islamistes impliquant le copilote, neveu de Jean de Dieu caméléon - qui a plongé la famille royale et le royaume d'Orembo dans le deuil. Tout cela finira par le massacre de la cour et des populations ayant assisté à ce procès rocambolesque, à l'exception de maître Gédéon. Ce dernier vivra des aventures rocambolesques qui sont racontées dans ce livre avec beaucoup de verve et de saveur. 

Léonard MAKOSSO-AKENDENGUE naît à Port-Gentil, Gabon, le 14 août 1954. Docteur de 3è Cycle de Littérature et Civilisation française à L'Université de Toulouse le Mirail - France octobre 1983, il exerce au Gabon comme professeur de Lettres des lycées et collèges de 1981 à 1986. Entré au Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération en 1986, il a occupé les fonctions de conseiller culturel, chef de division OUA, conseiller technique, premier conseiller. Elevé au grade supérieur de Ministre Plénipotentiaire, il a pris sa retraite en aout 2014 et réside actuellement en France. 

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http://www.ebay.fr/itm/NOTRE-FRERE-ET-AMI-LE-CAMELEON-Leonard-Makosso-Akendengue-Litterature-Gabon-/222090841322?hash=item33b5a54cea:g:rfMAAOSw14xXFP6V 

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 Disponible en librairies. 

Possible de commander un ouvrage dédicacé à l'adresse suivante : Label Trilogie H, 13 rue Ordener 75018 Paris. Frais de port gratuits. Montant 17 euros, à l'ordre de Trilogie H.  

Communication

Ombre Mauve Productions

13 rue Ordener

75 018 Paris 

''Un roman sombre et mordant, à la fois fantastique et réaliste'' Chroniques de B.Saartje

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Comment parler du roman 'Notre frère et ami le Caméléon'? [critique]


Voici 160 pages en immersion dans un royaume fictif étrange peuplé de caméléons, de léopards, de panthères, de tourterelles, de kangourous et autres animaux agissant comme des humains (ou l'inverse?). Un simulacre de procès digne de Kafka ou de Ionesco. Un final inattendu en Australie.


Le sujet : Jean de Dieu caméléon, ancien ministre d'un Royaume quelque part en Afrique, est accusé d'offense au Roi. S'il est difficile de rentrer dans l'histoire, au début, on se laisse séduire et emporter dans un récit inclassable. Il ne s'agit pas d'une énième allégorie d'un régime africain en perdition comme on aurait pu le croire. Ce pourrait être une sorte de 'fable de la Fontaine' à l'africaine. En ce sens, l'auteur Léonard Makosso-Akendengué s'inscrirait aussi dans la lignée de Raponda Walker. Mais il y a également la dimension surréaliste du récit, presque cartoonesque, ce pourrait être un dessin animé (une ambiance à la Lewis Caroll, l'auteur d'Alice au Pays des Merveilles), c'est un roman. Parfois on rit, jaune, mais on rit. Parfois on est stupéfait par la violence qui surgit ici et là. 


'Notre frère et ami le caméléon' est le genre d'ouvrage sombre, mordant, inclassable qui trouvera son chemin, son public avec le temps, incontestablement. Pour un premier roman : une réussite. 


Bruno Saartje

 


Ceci était l’Afrique…

Afrique

 

En accompagnant mon père il y a deux jours à la zone d’embarquement pour Moscou, je réfléchissais à l’étrangeté de nos vies, qui passent, filent et qui nous donnent si peu l’occasion de nous retourner et de méditer sur les années passées.  Mon père avait passé de longues semaines en France, un mois au Gabon pour régler quelques affaires puis là, retournait dans les neiges russes, qui lui étaient familières depuis déjà plus de deux ans. Lorsque je dis aux gens, je vais voir mon père, on me dit : ah tu vas retrouver le soleil du Gabon. Je rectifie : non, je vais en Russie, c’est là qu’il travaille. Moscou fait partie de mes repères, le quartier Proletaskaya de ma psyché. Et le Gabon natal, dans tout ça ? 

               Il devient une sorte d’image lointaine…qu’en reste t-il, à part origines, des souvenirs, des photos ? Je n’y suis pas retourné depuis si longtemps. Je serais incapable de dire si le pays me manque. La vie fait que je n’y suis pas encore retourné. Et les images des souvenirs se brouillent, deviennent floues, surtout quand on refuse de se laisser à l’idéalisation du pays natal. Je n’aime pas l’idéalisation.

               Du coup la parution  en 2009 du roman Ceci n’est pas l’Afrique, par ma mère, qui y a racontait ses années passées à Libreville fut comme une sorte de soulagement, de remise des pendules à l’heure. Au fur et à mesure que se succédaient les pages, les saveurs, les images, les mots, les ambiances revenaient, ce n’était plus quelque chose de lointain, ce n’était plus du vieux vécu, de l’abstrait mais du concret.

Je pense à l’atanga, en premier lieu, un petit fruit violet étrange, oblong, que mon ami n’aime pas du tout. Je pense aux badamiers qui parsemaient la capitale. Dans le récit de Maman, la nostalgie ne pointe jamais le bout de son nez. C’est peut-être dommage mais c’est mieux ainsi, je crois. C’est un récit vivant, je songe aux descriptions du climat équatorial, de la moiteur de la saison des pluies à la fraîcheur des saisons sèches. Aux hibiscus, aux bougainvilliers. A l’importance de la moustiquaire. Mozart, Sinatra dans la voiture climatisée. Les samedi après-midi à la piscine tantôt du Méridien, tantôt de l’Intercontinental, à manger des glaces. Les marchandes de beignets. Les matitis (bidonvilles). Les pontes et leurs femmes dans la grande galerie commerciale de M’bolo. La saleté des rues. Les sacs en plastique qui polluent les plages. Les billes de bois flottant au large de Port-Gentil. Les coupures d’électricité. L’excursion à Lambaréné, la ville du fameux Docteur Schweitzer. La sorcellerie, qui empoisonne la vie de tant de gens. Qui rend ce pays si étrange, où il ne faut pas croire en la gentillesse. Où tout le monde se méfie de tout le monde. Quelque chose de difficile à faire comprendre aux gens extérieurs qui n’y connaissent rien et veulent absolument tout aplanir en disant : c’est partout pareil.

Enfin, l’Afrique vécue, c’était Libreville, son bord de mer, le boulevard triomphal ; le centre-ville, ses cinémas, ses bars, ses restaurants chinois, italiens, la fête du Beaujolais nouveau, les buffets du dimanche dans les hôtels, bref rien ne qui puisse correspondre à l’image idéalisée d’une Afrique misérable, sans eau, sans électricité, avec des gens en haillons et des animaux dangereux à chaque coin de rue. Tintin au Congo faisait figure d’œuvre sympathique et anecdotique et je ne me souviens pas avoir entendu des gens parler d’une Afrique forte, digne et dominatrice qui attendait le moment venu pour se relever. Ce sont des choses qu’on entendait dans la diaspora. Mais pas dans le Gabon quotidien. Où les gens voulaient vivre, simplement. Veulent vivre. J’avais peur que le roman de ma mère passe totalement inaperçu. Evidemment, on n’en a pas parlé assez mais beaucoup plus que je ne l’aurais cru. Il m’est arrivé des fois de tomber sur une connaissance me disant : tiens, au fait j’ai lu le livre de ta maman. Maman n’a pas joué, effectivement, comme le disait, je crois, Luc Melmont, du blog Culture et Chanson, les femmes blanches délaissant tout leur occident pour s’africaniser à l’extrême (car que veut dire vraiment être africain, au fond ??), elle a vécu sa vie de femme affrontant les bons comme les mauvais moments de la vie là-bas. Il y a un côté Philippe Delerm au niveau de la légèreté de certains passages. Mais quand la gravité est là, parce qu’on ne peut l’éviter, alors il y du Nadine Gordimer et on réalise que ce Ceci n’est pas l’Afrique n’a pas été simplement écrit par une femme française expatriée, mais pas une femme blanche devenue une femme africaine blanche ancrée dans son époque. C’est le bienfait de ce bouquin, que l’on peut trouver dans les fnacs, sur amazon, priceminister etc…

Jann Halexander

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