Compte rendu (bref) de conférence: la sexualité dans le dessin animé. (24/06/2013) [BICAUSERIE de BICAUSE]

Gildas Jaffrennou par Monique Hottier

(c) Photo Monique Hottier

 Le lundi 24 juin 2013, Le spécialiste de cinéma d’animation et script doctor Gildas Jaffrennou était invité par l'association Bicause (association des Bisexuel(le)s de France) au centre LGBT de Paris. Objet de la conférence : la sexualité dans le dessin animé. Un sujet ô combien passionnant où notre spécialiste, devant une trentaine de personnes (aussi bien des connaisseurs du cinéma d'animation que des profanes, voire des gens hermétiques à cet art particulier) a tracé quelques pistes pour comprendre l'image donnée de la sexualité par le cinéma d’animation de ses débuts jusqu’à nos jours.  Quelle est la place de la sexualité dans les dessins animés, qu’ils soient américains, européens, ou asiatiques ? C’est une question que l’on se pose assez peu, tant les dessins animés et la notion d’enfance sont encore liés pour des millions de gens, à quelques exceptions près. Pourtant les sentiments troubles, l’érotisme, les diverses formes de sexualités dans l’animation n’ont pas attendu Fritz The Cat, de Ralph Bakshi ou encore Tarzoon la honte de la Jungle, de Picha, films emblématiques des années 70, pour apparaître. Il y eut certains cartoons des Frères Fleisher dès les années 30, Tex Avery évidemment, mais aussi certaines œuvres des studios Disney…

Compte-rendu de l'introduction par Jann, commission culture de Bicause

Bonjour à tous, à toutes, merci pour votre présence ce soir. Pour la dernière Bicauserie de l’année scolaire 2012-2013, organisée par l’association BICAUSE. Alors Bicause est une association qui existe depuis presque 20 ans, qui regroupe les personnes qui se disent bisexuelles, c'est-à-dire attirées par les personnes du même sexe ou du sexe opposé. C’est une association qui a pour vocation de rappeler à la société que le genre humain n’est pas figé, binaire, noir ou blanc, homo ou hétéro, c’est un peu un grain de sable dans les idées reçues, les préjugés conçus. De plus en plus de gens en France ont accepté l’idée justement que l’identité d’un être, y compris sur le plan de l’orientation sexuelle, pouvait être complexe, très complexe, que ce n’était pas forcément un handicap et on peut penser que Bicause a modestement joué un rôle, continue de le jouer dans l’évolution, plutôt le changement des mentalités. C’est une association qui lutte contre l’ensemble des discriminations également, qui assume le militantisme, qui participe aussi à prévention en ce qui concerne la lutte contre le SIDA et les autres MST. C’est une association d’homes et de femmes qui se pose en tant que témoin des tempes actuels mais aussi des temps passés, la transmission des histoires peu connues, de personnalités atypiques par exemple, de mouvements atypiques, fait parti de nos missions. Nous sommes également présents sur le terrain culturel. Car culture, politique, militantisme, ce ne sont pas mondes cloisonnés les uns les autres, au contraire, il y a des flux, des échanges, c’est quelque chose que Bicause a compris très tôt et je dois dire que l’association ne s’est jamais démarquée, éloignée de la question culturelle, au sens large.

Mon nom est Jann, je m’occupe, tant bien que mal, de la commission culture de Bicause, avec l’appui des autres membres, dont Vincent Strobel, actuellement, le président, et nous essayons d’organiser régulièrement des bicauseries. Le deuxième et quatrième lundi du mois. Nous invitons donc des écrivains, des sociologues, des artistes divers et variés qui ont des choses à dire sur des thématiques peu courantes, nous essayons, et je le dis de façon humble, de rester en alerte, à l’avant-garde sur certains sujets. Ainsi fut organisée une bicauserie sur le thème sexualité et vampirisme, une autre sur le polyamour, une autre sur les liens entre métissage et bisexualité.  Ce soir, pour finir en beauté l’année scolaire, et bien nous sommes très heureux d’accueillir Gildas Jaffrennou, à l’occasion d’une bicauserie intitulée La Sexualité dans le Dessin Animé. Quelle est la place de la sexualité dans les dessins animés, qu’ils soient américains, européens, ou asiatiques ? C’est une question que l’on se pose assez peu, tant les dessins animés et la notion d’enfance sont encore liés pour des millions de gens, à quelques exceptions près.  Pourtant les sentiments troubles, l’érotisme, les diverses formes de sexualités dans l’animation n’ont pas attendu Fritz The Cat, de Ralph Bakshi ou encore Tarzoon la honte de la Jungle, de Picha, films emblématiques des années 70, pour apparaître. Il y eut certains cartoons des Frères Fleisher dès les années 30, Tex Avery évidemment, mais aussi certaines œuvres des studios DisneyCe soir, Le spécialiste de cinéma d’animation et script doctor Gildas Jaffrennou tracera quelques pistes pour comprendre l'image donnée de la sexualité par le cinéma d’animation de ses débuts jusqu’à nos jours. Son intervention sera suivie d'échanges avec le public. Ce sera suivi d’un petit pot. Avant de laisser la parole à Gildas, je voudrais vous raconter une anecdote à son sujet. C’est un ami, nous venons tous les deux d’Angers, ville bourgeoise et snob au possible, où se déroule le très conventionnel Festival Premiers Plans qui réunit ceux et celles qui pensent qu’il n’y a plus rien de bien depuis la mort de Truffaut et la sortie de Taxi Driver.  Nous avons travaillé ensemble sur plusieurs films que j’ai réalisés. C’est un passionné, capable de parler avec le même enthousiasme, la même flamboyance, de Boulevard du Crépuscule et du dernier Âge de Glace. Gildas Jaffrennou organise des ateliers cinéma, il vous en dira plus sans aucun doute à ce sujet, il n’est pas blasé par ce qu’il fait et nous avons tous les deux fait une conférence sur la notion de film amateur à la Sorbonne le 7 février dernier (nous étions invités par un autre spécialiste du cinéma d'animation, enseignant, Sébastien Roffat, auteur de l'ouvrage Animation et Propagande), notamment en projetant des extraits du film LA BETE IMMONDE, que j’avais réalisé, il avait supervisé le montage. Ce soir donc, il sera question de sexualité au sens large, de subversion, dans l’univers du Dessin Animé, où il y a beaucoup de malentendus, en présence d’un spécialiste qui connait son métier, certes, mais qui le connait et l’exerce avec talent parce qu’il est passionné. Nous comptons donc sur lui pour passer le meilleur lundi de la semaine. Je vous remercie.

Intervention de Gildas Jaffrennou, émaillée de projections de très courts extraits de dessins animés. 

Cerner le sujet.

L'animation, c'est le fondement du 7eme Art. Le cinéma des frères lumière estpostérieur aux pantomimes lumineuses d'Emile Reynaud. Quand on parle d'animation, on parle de donner la vie, de recréer l'illusion de la vie par un travail image par image. En dessin, avec des marionnettes ou par ordinateur, le point essentiel en animation est qu'on fabrique les personnages, et qu'on les fait bouger. C'est une reconstruction, et non une captation. En fait, la prise de vue réelle est une facilité : on se contente de capter des acteurs dans un décor, cela évite d'avoir à tout créer. René Laloux, dans son livre «un siècle d'animation » va jusqu'à qualifier de cinéma de Zombie le cinéma en prise réelle, qui ne nous montre que des images de vie passées, alors que dans le cas de l'animation, l'acte même de projeter le film est celui par lequel la vie des personnages peut commencer.  Alors notre sujet de ce soir, la sexualité dans l'animation, pose la question des limites pour un auteur. Jusqu'où peut-on recréer la vie en animation ? La sexualité déjà est en soi un vaste sujet, je dirais même le sujet le plus vaste qui se puisse concevoir dans le contexte de l'association qui m'accueille aujourd'hui. Pour être franc, mon expérience et ma culture personnelles sont sans doute plus étendus du côté cinéma que du côté sexualité. Ceci étant ayant enseigné les sciences de la Vie à des ados pendant une quinzaine d'années, j'ai toujours été très attentif à ne jamais juger mes élèves sur le degré de provocation de leurs questions ou de leurs comportements. La seule chose sur laquelle j'ai toujours insisté, c'est qu'en matière de sexualité la seule règle qui me paraisse essentielle, c'est de respecter les autres, dans leur identité, dans leur intégrité, et dans leurs préférences. Aujourd'hui, je ne connais pas de dessin animé qui ait abordé le regard sur l'homosexualité ou sur la bisexualité, ou même qui en ait fait un élément de récit signifiant. La question est purement ignorée, le simple fait d'aborder l'hétérosexualité étant déjà délicat, c'est principalement sur cette question du rapport entre animation et sexualité que je limiterai mon intervention. A charge pour celles et ceux qui le souhaiterait, de proposer des pistes ou des références que j'aurais négligé ou ignoré, puisque clairement je ne prétends aucunement réduire ce vaste sujet aux quelques éléments que je peux vous proposer. Je voudrais dire aussi que ce sujet m'a été proposé par Jann, qui de son côté rassemblé une bonne partie de la documentation que nous vous proposons.

Limites – marché, société.

Les auteurs peuvent se donner des limites, mais dans un domaine artistique qui est aussi une industrie, c'est à la fois la société, par ses règles, et le marché, par ses tendances, qui vont faire évoluer les limites de ce que les auteurs pourront faire ou pas. Et bien sur, la société a ses marges, ses zones limites, tout comme le marché peut surfer sur des modes, des tendances. Disons le marché tel qu'il est perçu par les maisons de productions et les diffuseurs. Les seules vraies limites à ce qu'on peut raconter en matière de sexualité en animation, ce sont celles que la société impose.  Au début de l'animation pour le cinéma, les limites étaient strictement les mêmes que pour les films en prise réelle. Et puis très rapidement, l'animation est devenue «mainstream», c'est à dire grand-public. Avec les succès de Walt Disney et la ligne éditoriale qu'il a défendue, et qui a été beaucoup imitée, tout le monde a tacitement admis que l'animation était une forme convenant davantage aux enfants qu'à tout autre public. Du coup, s'il est bien évident que les personnages en animation ont toujours été sexués, au sens social du terme, ils ont assez régulièrement été désexualisés au plan biologique. Que Tom, Gros minet, Le coyote ou Porky Pig soient des personnages masculins n'est pas exprimé par des traits visibles, mais par leur personnalité, leur façon de réagir. Et si un personnage apparaît nu, c'est que la situation n'est pas sexuelle (bébé nageurs / angelots de Disney) Mais il y a eu des personnages à la fois sexués, et au comportement sexualisé, sans être à proprement parler un comportement sexuel. Un cas exemplaire est peut-être celui de Pépé le Putois. Il pourchasse de ses assiduités une malheureuse chatte dont le dos a été malencontreusement orné d'une rayure lui donnant l'apparence d'une femelle sconce. On pourra noter que dans les quelques cartoons qui font intervenir Pépé, l'humour nait d'un malentendu sur l'appartenance à une espèce donnée, et sur l'attirance contre-nature déclenchée par un simple élément visuel. Alors évidemment, Pépé ne fait rien de plus à la pauvre chatte que la prendre dans ses bras et tenter de l'embrasser. En somme, le maximum ce qu'on peut alors se permettre dans un cartoon sans susciter de scandale. Faut-il rappeler que le premier baiser inter-racial en prise réelle dans un show télévisé américain date de 1969 et d'un certain épisode de Star Trek ? Paradoxalement pour voir deux personnages masculins s'embrasser sur la bouche en animation, il n'a pas fallu attendre si longtemps. Bugs Bunny et Porky Pig. Voir un lapin rouler une pelle à un humain en animation était manifestement beaucoup moins choquant pour le public américain que de voir un homme blanc embrasser une femme noire en prise réelle. On peut légitimement se demander pourquoi.

Hypothèse 1 : c'est un problème de distanciation. L'animation créée une distance avec le monde réel, et assume une virtualité du sujet représenté. On accepte plus facilement les choses quand elles passent par cette forme.

Hypothèse 2 : L'animation de type cartoon est fortement arquée par la tonalité burlesque. On y pratique l'excès, la parodie, la caricature. Qu'on pense au mode de représentation des noirs dans les cartoons jusqu'aux années 1950 (Uncle Tom's Cabana, de Tex Avery?)

Dans toute la période allant des débuts de l'animation (mettons les années 1910) jusqu'à la fin des années 1968, le côté cartoon, et l'idée d'un public enfantin vont durablement inhiber l'animation américaine. Ce sera, par effet d'imitation, le cas de l'animation dans tous les pays du monde, France et Japon compris. On trouvera des exceptions, comme la fameuse séquence des centaures de Fantasia (1940) , mais ces exceptions se limiteront à des représentations de nudité, rien de sexuel n'étant jamais montré. Après, il y a la suggestion, l'érotisme, l'ambiguïté d'une posture ou d'un regard...

Niveaux de représentation.

Alors qu'entend-on par sexualité dans les dessins animés ? On peut définir des catégories, assez artificielles, mais je les propose pour en quelque sorte défricher le sujet.

.Sexuation implicite : effets ou narration jouant sur le sexe des personnages, sans référence à la sexualité. On peut parler de caractérisation implicite. Pensez à Blanche-Neige et au Prince Charmant, ou à Raiponce et Eugène. On ira jusqu'au baiser, mais pas plus loin.

.Sexuation explicite : des personnages apparaissent nus, sans qu'intervienne de sexualité. Gandahar de René Laloux comporte de la nudité de cet ordre, de même que Kirikou de Michel Ocelot. On trouve dans des Disney anciens des scènes avec des angelots nus qui sont de pures fantaisies assez innocentes, au moins en apparence.

.Émotion sexuelle : effets ou narration suggérant le désir, le rejet, ou l'excitation sexuelle sans en montrer ni même en suggérer l'aboutissement. C'est le loup de Tex Avery, et toutes ses formes plus ou moins dérivées, dont notre ami Pépé le Putois.

.Acte sexuel : narration assumant sans ambigüité la réalité de relations sexuelles, sans pour autant les montrer d'une façon totalement explicite. Cas du chaînon manquant de Picha.

.Narration montrant de la sexualité explicite, relevant de fait de la pornographie. Et cela existe depuis longtemps, même si c'est une forme de création assez marginale, même, on en dira quelques mots, au Japon.

.Une dernière catégorie me paraît incontournable, c'est celle de la sexualité suggérée, symbolique, qui ne se dévoile qu'après une analyse de l' oeuvre. A la limite, l'auteur pourrait prétendre n'avoir pas fait exprès, et faire passer le critique pour un obsédé qui voit du sexe partout. Il se trouve que je vais devant vous prendre le risque de me voir affubler de ce qualificatif à la fin de mon intervention, en me livrant à l'analyse de deux films apparemment totalement innocents et qui à mon sens sont très loin de l'être, mais bien sur vous en serez seuls juges. Pour reprendre les choses par le commencement, évoquons d'abord la sexuation en animation, c'est à dire le fait de rendre clair et signifiant l'appartenance d'un personnage à un genre, masculin ou féminin. Montrer des personnages nus, déjà en animation c'est assez rare, les auteurs étant quelque part tenus de justifier ce type de représentation pas les nécessités narratives du scénario. Avant les années 70, on peut même dire que c'est pratiquement inexistant (au moins à ma connaissance). 

Alors à la fin des années soixante, il y a eu ce qu'on a appelé la révolution sexuelle. On pourrait dire qu'il s'agissait davantage d'une libéralisation des moeurs, une liberté nouvelle pour toute une génération de vivre assez librement la sexualité. La contraception, l'IVG légalisée, les mouvements féministes ont ouvert une voie dans laquelle divers artistes se sont engouffrés, y compris dans le domaine de l'animation. C'est l'époque des shadoks (qui ont déchaîné bien des conflits en dépit de leur relative asexualité). Je dis relative parce que la plupart des Shadoks importants sont a priori masculins (le devin-plombier, le marin, le professeur shadoko, le roi), à ceci près que chacun d'entre eux est susceptible de pondre des oeufs. D'une certaine façon, on pourrait considérer les shadoks comme des créatures inter-sexuées. Les années 1970, c'est aussi l'époque de Yellow submarine, de l'adaptation de la BD de Crumb 'Fritz the cat' en animation, et des premiers longs-métrages de Picha, assez dégoulinant d'une sexualité parodique et exacerbée. On fait des films qu'on cible clairement pour adultes, avec l'intention assez évidente de surfer sur la libéralisation des moeurs, de coller avec l'évolution de la société par rapport au sexe en général. Ce qu'on peut dire, c'est que certains de ces films ont eu quelque succès, mais sans pour autant faire école. Les années 1980 ont bien vite calmé tout le monde avec le sida et le retour d'un certain ordre moral, qui n'a fait que se renforcer ces deux dernières décennies. Picha, après Tarzoon et le Big Bang, réalisera le Chaînon manquant en 1984, et ne refera de long que 20 ans plus tard avec sa version revisitée de Blanche Neige, qui fera, ce n'est rien de le dire, un flop retentissant.  Quand à Ralph Bakshi, il a pu réaliser quelques longs assez audacieux, mais pas assez consensuels pour toucher un public large. Tenant d'une animation libérée, qui ose montrer des corps et des personnages très érotisés, son esthétique tourne clairement le dos aux canons sur lesquels le public s'appuie pour se repérer. On est au delà du sexuel, il y a un coté trash, assez provoquant même, on pourrait dire que c'est une animation d'adulte décomplexé. Celui qui prendra en quelque sorte la suite de ce courant est aussi américain. Il s'appelle Bill Plympton et va réalisé entre la fin des années 1980 et le milieu des années 2000 quelques courts et long métrages qui osent à peu près tout. Alors il y a de la sexualité, et même explicite chez cet auteur, mais son style a tendance à neutraliser le côté érotique de ces scènes. Pour être complet, passons par le Japon1, ou l'animation connaît un développement exceptionnel au début des années 1960, principalement à la télévision. A noter qu'il y a aussi en parallèle une importante production pour le grand écran, et que l'un des pionniers de cette époque, Osamu Tezuka, est aussi un des premiers à oser un long métrage érotique en animation. Le film sera un échec commercial. Parmi les innombrables séries il peut arriver que la sexuation explicite pose problème à la critique, comme ce fut le cas pour les jeunes filles qui apparaissent dans Kirikou et la sorcière. Personne évidemment n'a été prétendre que Michel Ocelot devait avoir un fond de perversité en lui pour montrer de telles images dans son film, et ses arguments pour se défendre ont été principalement d'ordre ethnologiques. Le contexte de conte africain du récit de Kirikou appellerait un type de représentation correspondant au contexte de cet univers-là.Par comparaison, une des scènes du «petit magasin des suicides», de Patrice Lecomte est des plus étonnantes. Une jeune fille a reçu pour ses 14 ans de la part de son frère, un châle oriental.Le soir, alors qu'elle se croit seule dans sa chambre. L'objet stimule son imagination. Elle exécute un strip-tease suivie d'une danse lascive, inconsciente du regard des copains du petit frère postés sur le toit. Là, la dimension du désir est assez manifeste, autant que la sensualité de la jeune fille. A ma connaissance personne n'a rien trouvé à redire à cette scène, qui pourtant implique des mineurs, de la nudité et du voyeurisme... Question d'époque mais sans doute aussi de style graphique. Des personnages lascifs ou érotisants, il y en a dans les anciens cartoons aussi. Betty Boop par exemple, avec ses petites robes courtes et sa jarretière. Mais le reste du graphisme prend une telle distance avec le réel, que le personnage porte plus l'idée de frou-frou et de provocation qu'une réelle érotisation.

Dans les années 1990-2000 quelques auteurs de courts-métrages, mais aussi de série télé, ont assumé de parler de sexualité en animation : Les Simpson, South Park, au cinéma, Bill Plympton ( L'impitoyable lune de Miel, Les mutants de l'espace,) Phil Mulloy (intolérance I, II, III). Autant les séries télé sont ouverte sur le monde et donnent un reflet, au demeurant parodique, de la réalité (je pense au Grand-père Simpson qui propose à sa partenaire de sortie de faire l'amour d'ici 20 minutes. Elle demande pourquoi attendre 20 minutes. Et Papy Simpson de répondre «le temps que la pilule bleue agisse ».La sexualité sans être explicite, peut donc être suggérée, parfois avec humour, d'autre fois avec discrétion. Pensez à ce magnifique hydravion rouge piloté par Porco Rosso (Miyazaki 1992), et dont la reconstruction est menée par des mains exclusivement féminines. Le symbole phalique, ainsi que le symbole du cochon, donnent une lecture vraiment peu enfantine de ce film, dont Miyazaki lui-même considère qu'il ne s'adresse pas aux enfants. La façon dont Kiki la petite sorcière perd son pouvoir de voler (après sa première sortie avec un garçon) n'est pas anodine non plus...

Note post-conférence : échanges avec les gens, applaudissements du public, cocktail dans une bonne ambiance. Nos plus sincères remerciements à Gildas Jaffrennou, à Bicause, au centre LGBT.

Bicause : http://bicause.webou.net/

Gildas Jaffrennou : http://www.ghostinthescript.fr/

1Je n'ai pas parlé de Ghosti in the shell, dont le deuxième volet fait intervenir des robots sexuels meurtriers...

 


RELAIS INFO : BICAUSERIE AU CENTRE LGBT : LA SEXUALITE DANS LE DESSIN ANIME (ENTREE LIBRE) 24 JUIN 2013

Tygra, la glace et le feu, Ralph Bakshi, 1982

LA PETITE SIRENE


 
24/06/2013- 20H- A VOTRE AGENDA- BICAUSERIE AU CENTRE LGBT : LA SEXUALITE DANS LE DESSIN ANIME (ENTREE LIBRE)

         Quelle est la place de la sexualité dans les dessins animés, qu’ils soient américains, européens, ou asiatiques ? C’est une question que l’on se pose assez peu, tant les dessins animés et la notion d’enfance sont encore liés pour des millions de gens, à quelques exceptions près.
 
Pourtant les sentiments troubles, l’érotisme, les diverses formes de sexualités dans l’animation n’ont pas attendu Fritz The Cat, de Ralph Bakshi ou encore Tarzoon la honte de la Jungle, de Picha, films emblématiques des années 70, pour apparaître. Il y eut certains cartoons des Frères Fleisher dès les années 30, Tex Avery évidemment, mais aussi certaines œuvres des studios Disney
  Le spécialiste de cinéma d’animation et script doctor Gildas Jaffrennou tracera quelques pistes pour comprendre l'image donnée de la sexualité par le cinéma d’animation de ses débuts jusqu’à nos jours. Son intervention sera suivie d'échanges avec le public.
 
Bi'amicalement
L'équipe de Bi'Cause
Au Centre LGBT, 61-63 rue Beaubourg, 75003 Paris
Après 20 h, sonnez. Entrée libre.
 
Métro : Arts et Métiers, Rambuteau, RER Châtelet - Les Halles Bus 38, 47, arrêt Grenier Saint-Lazare – Quartier de l’Horloge Vélib’ stations n° 3010 et n° 3014
 
Une Bi’causerie est une rencontre organisée par l’association Bi’Cause, autour d’un thème relevant de la « culture bi » : arts, littérature, société… avec la participation d’une personnalité ou d’une association invitée.
 
Le 2e et le 4e lundi du mois, la Bi’causerie est ouverte aux adhérents, sympathisants, bi friendly, à tous ceux qui s’intéressent à l’univers de la bisexualité.  
 
 
Association Bi'Cause
"Parce que l'amour est un droit..."
Site internet :http://bicause.webou.net (nouveau site) 
Infoline et répondeur : 06 44 22 20 62 (nouveau numéro) 
Page Facebook : www.facebook.com/Bi.Cause
Compte Twitter : www.twitter.com/Bi_Cause
Adresse postale :  c/o Centre LGBT,61-63 rue Beaubourg, 75003 Paris.

 

Réponse d'un Franco-Gabonais au sujet du racisme anti-Blanc

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Réponse d'un Franco-Gabonais au sujet du racisme anti-Blanc

 

A Guillaume Floris, Laurent Levy, Danièle Obono, Aïssa Terchi, tous-toutes les membres du Front de Gauche.

 J'ai été très très choqué par votre article sur http://www.rue89.com/rue89-politique/2012/11/16/racisme-antiblancs-le-spectre-de-lanti-france-ou-la-grande-confusion. Notamment par cette phrase. 

'Le racisme antiblanc n’est en rien du racisme'

L'article commençait bien. Rassurant. Pour après prendre une autre tournure déplaisante. Une telle forme de cécité fait peur. Alors oui : le racisme anti-blanc existe mais duquel parlons-nous ? De celui fantasmé qui arrange les racistes blancs qui veulent se dédouaner ? Ou de celui véritable, qui est concret, et non un mythe.

En tant que franco-gabonais, je ne peux pas lire ce genre de phrase sans réagir. Je suis né au  Gabon, j'y ai vécu 16 ans, de père gabonais noir et de mère française blanche. En tant que métis, j'ai vu aussi bien du côté blanc que du côté noir que les relations interraciales, les mariages mixtes et leurs enfants dérangeaient beaucoup de monde. Les enfants n'oublient pas. Je ne suis pas le seul dans cette situation. Je n'ai jamais oublié les camarades, nous avions 15/16/17 ans, noirs de bonne famille, de l'élite, dire tout haut que les blanches qui aiment les noirs sont des salopes qui aiment la queue, quand ils voyaient ma mère venir me chercher. Je n'oublierais pas toutes ces petites réflexions usantes : oui, toi tu fais comme les blancs, tu portes les jeans comme un blanc, tu manges des trucs de blancs, tu écoutes des trucs de blancs. C'était usant. J'avais envie d'être moi mais il y avait toujours un plaquage racial là-dessus. Les métis servent souvent de défouloir anti-blanc dans les sociétés africaines. Les homos aussi qu'on accuse d'être des agents des blancs, de la perversion blanche. D'ailleurs la perversion dans ces pays est assimilée aux blancs. L'argent, très souvent également. Et cette façon de penser on la retrouve dans une partie de la diaspora.

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J'ai appris à gérer cela, à répondre à la connerie, quelque soit le côté d'où elle vient. Il m'a fallu du temps pour digérer cela néanmoins, l'admettre pour moi-même et le dire. Sachant que le dire n'était pas bien vu non plus. je ne parlais pourtant pas de ressenti mais d'anecdotes vécues. Je fus traité de menteur plusieurs fois. Tout va bien, tout va bien, non ce que tu dis n'est pas possible. Maintenant les langues se délient et des deux côtés, on commence enfin à en parler, ouvertement. Pour savoir ce qu'il faut faire. 

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Etre écolo, de gauche, anticapitaliste etc ne cautionne pas une telle cécité. Parce qu'en face, parmi ceux et celles qui lisent, on peut se sentir heurté.

 Le racisme, les préjugés ne doivent pas être seulement jugés à l'aune des obstacles qu'ils génèrent d'un point de vue pratique : emploi, logement, principalement. Il y a aussi l'espace de vie, au sens des relations : intimes, amicales, familiales. Beaucoup de relations ont été détruites par la force des préjugés qui ne venaient pas toujours d'où on les attendait. Oui c'est fatiguant pour une femme blanche mariée à un africain noir d'être souvent ramenée à LA FEMME BLANCHE de la famille au bout de 30ans, d'être un peu mise de côté par sa belle-famille parce qu'elle ne comprendrait soi disant pas tout. Oui c'est fatiguant d'entendre des africains dire que l'homosexualité est un truc de blanc -tant d'hypocrisie laisse sceptique. C'est fatiguant en tant qu'artiste quand des programmateurs ou des journalistes africains me disent : on ne peut pas parler de vous, vous faites de la musique de blanc. Là je parle de mon cas personnel. Mais la liste est longue, longue, longue de ce genre d'anecdotes vécues par les uns, les autres, des métis, des  blancs, des noirs qui sont liés à des blancs.  Et on ne peut pas dire, comme le rappelait un collègue, Luc, du blog culture et chanson, d'un côté : le racisme est universel et de l'autre  que le racisme antiblanc n'est en rien du racisme. Il y a des préjugés sur ce que doit être un blanc, pense un blanc etc. Comme beaucoup de blancs pensent qu'un noir doit être comme ci, penser ainsi, vivre ça etc.

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 C'est une situation triste, mais réelle et heureusement pas systématique, parce que dans l'ensemble les gens arrivent à vivre en société, malgré les difficultés. Il y a des gens pour qui réellement tout va bien et qui se foutent éperdument de ce genre de débat. Mais puisque nous y sommes, dans le débat, je ne vois pas comment vous pouvez vouloir aller dans le sens du vivre ensemble lorsque vous sortez ce genre de propos. 

Une chose semble certaine : d'un point de vue travail ou accès au logement, le racisme anti-blanc n'a quasi aucun impact. Economiquement, ce sont les plutôt les plus clairs qui discriminent les plus fonçés. 

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'Le racisme antiblanc n’est en rien du racisme'

Je suis étonné que tous les membres du Front de gauche soient d'accord avec ce genre de mensonge.Il y a un racisme anti-blanc réel en France et ailleurs. Une sorte de conglomérat de préjugés. Il faut avancer, malgré tout. Comme il faut pouvoir avancer malgré le racisme franc, assumé d'une partie de la société française blanche. Mais il faut en prendre acte, clairement dans les deux cas. C'est la meilleure façon justement de contrer les idioties de ceux et celles qui n'y connaissent rien et parlent d'un racisme anti-blanc fantasmé. 

 Jann Halexander

[http://www.apoplexia2008.blogspot.fr]

Anecdote : A plusieurs reprises, j'ai été confronté à des blancs ou des noirs qui m'ont dit, en parlant des femmes : les blanches qui aiment les noirs, c'est pour la queue. J'ai appris à répondre : peut-être. Et elles ont bien raison. Après tout elles font ce qu'elles veulent.

Il est minuit Docteur Schweitzer, de Jann Halexander

Ouest France

La rose, le mariage pour tous et moi la blonde...

Gilbert Becaud - L'important c'est la rose

 …Je ne suis pas un intellectuel. Je veux dire par là que je suis incapable, contrairement à Philippe Ariño, pour qui j’ai beaucoup de respect et aussi de l’amitié – et tant d’autres comme lui- de tenir un raisonnement construit, étalé, étagé :  bref je suis nul.

Cela dit il est possible de s’entendre au-delà des divergences. Réelles. Je ne le cache pas : je suis socialiste, j’admire François Hollande, je suis pour l’Etat-providence, je suis agnostique, pour la liberté d’avorter, pour toujours plus de laïcité sans cesse à mes yeux bafouées, bref le socialisme me convient très bien et je suis totalement décomplexé par rapport à ça. De plus je suis artiste, bisexuel assumé, métis et myope, bref une véritable figure repoussoir pour une partie de la société, dommage mais il faut en prendre acte. Bon, et puis désinvolte comme je suis, cela ne m’empêche pas de dormir, hein ?   Il fut peut-être une époque où les gens de ma génération avaient peur de s’affirmer sans complexe socialistes tellement la gauche avait été décrédibilisée. Les gens ont tendance à souvent être plus durs avec la gauche qu’avec la droite dans ce pays. Des années de sarkozysme (pas forcément bien nommées cela dit, car je pense que ce n’était pas toujours S. le problème mais ceux et celles qui l’entouraient) nous ont montré finalement que les socialistes n’avaient pas à culpabiliser d’être… socialistes. Je crois surtout que ce qui est usant c’est la propension d’un parti, d’une partie de la société à penser que tout le pays lui appartient de droit et que les choses ne doivent pas changer.

 Il semble que les aigreurs constatées chez les amis de droite au lendemain de la défaite sont réelles. Croyaient-ils vraiment à l’UMP pour 1.000 ans. ? Et bien oui. Aussi surprenant que cela puisse paraître. Je me souviens bien lorsque S. fut élu  de leurs phrases bien sympathiques : Mais Jann, tu sais, cela ne me pose pas de problème que tu sois socialiste, je suis ouvert d’esprit.  J’avais très mal compris, en fait ce qu’ils me disaient en entier c’était : Mais Jann, tu sais, cela ne me pose pas de problème que tu sois socialiste, je suis ouvert d’esprit. Cela ne me pose pas de problème tant que les socialistes ne sont pas au pouvoir.

Voilà t-il pas que j’entends alors mes amis de gauche me dire : Jann tu as des amis de droite ? Et bien, oui.  Je n’ai pas vocation à fréquenter uniquement les gens qui pensent comme moi, je m’ennuierais et puis il faut vivre avec la société dans son entière diversité. C’est bon pour l’esprit. Je ne suis pas ingrat non plus. En général les journalistes ou les mécènes qui m’ont aidé à mes début votaient plutôt à droite, centre-droit. Les médias dits de gauche, je n’ai hélas pas eu grand-chose à attendre de leur part. Il n’empêche que je reste socialiste, que je ne souhaite pas renier mes convictions et que je ne force personne à être d’accord avec moi. Enfin, en tant qu’artiste je m’adresse à tout le monde, j’ai horreur des sectes, des clans…je le dois à mon éducation de métis sans aucun doute.

 

Jann Halexander parle et chante dans ''L'Amour en tous genres'' France 3

 

Mais pourquoi je parle ici du socialisme ? Je ne vais pas me lancer dans la défense acharnée du socialisme, qui en fait ne regarde que moi. Et rien ne dit qu’un jour je ne voterais pas écolo par exemple…je rigole. Plus sérieusement je parle de cela parce les socialistes ont ‘promis’ le mariage pour tous. Je dis bien  le mariage pour tous car en général les personnes contre le mariage entre deux personnes de même sexe disent le mariage gay. Je suis totalement pour le mariage entre deux personnes de même sexe, la reconnaissance de ce mariage. Pas forcément pour les arguments jusqu’à présents proposés. Non, pour une raison plus simple, triviale je l’avoue, je m’en excuse, mais je vous avais prévenu, je ne suis pas un intellectuel : je ne vois simplement pas pourquoi des personnes qui s’affirment en tant qu’hétérosexuelles devraient décider de ce qui est bon ou pas pour les personnes non hétérosexuelles. Je veux dire par là que je ne vois pas la légitimité. Je la cherche. Ce combat hors normes, toutes ces tentatives assez dures pour absolument maintenir le mariage comme l’union entre un homme et une femme me font penser à une sorte de chant du cygne. Et on est soulagé qu’il y ait eu séparation de l’Eglise et de l’Etat quand on voit que beaucoup utilisent la religion pour expliquer leur position.

 Que des homosexuel(le)s, comme l’homme de culture Philippe Ariño se joignent à ceux et celles qui ne supportent pas cette idée de reconnaissance de mariage entre deux personnes de même sexe, libre à eux, libre à elles. D’ailleurs force est de reconnaître que Philippe Arino a une argumentation, avec laquelle je ne suis pas d’accord, mais son argumentation tient mieux la route que la plupart des argumentations avancées par  les anti-mariage ‘gay’. Voir le lien : http://www.araigneedudesert.fr/page/le-phil-de-laraignee-svp-ne-nous-donnez-pas-le-mariage.html.

 Donc vous voyez ici que ce n’est pas un argument d’égalité avant tout qui me motive. Je vous avais prévenu. Bien que cet argument n’est pas mauvais non plus. Car c’est curieux, les homosexuels, lesbiennes, bisexuels, transexuels, bref les non hétérosexuels sont égaux quand il s’agit de payer des impôts.

Et pourtant. Je suis surpris du changement des mentalités. Non je n’appelle pas cela l’air du temps comme a pu le dire de façon dédaigneuse Henri Guaino. Je ne vois pas pourquoi je devrais accorder plus de sérieux et de crédit à une partie de cette société-contre le mariage g- parce qu’elle serait en minorité selon les sondages et que les minorités souvent ont raison contre la majorité qui succomberait à l’air du temps.

Mais un tel changement des mentalités aussi rapide me surprend. J’ai toujours été pour la reconnaissance du mariage entre deux personnes de même sexe – et la reconnaissance pleine et entière de l’homoparentalité, à une époque où on en parlait presque peu. Pour moi c’était une idée révolutionnaire, avant-gardiste. Si on pense à l’Eglise, se souvenir qu’elle n’aime pas trop les révolutions (au mieux les réformes) et que les révolutionnaires le lui rendent bien (aller sur ce lien http://docfox.free.fr/old_renardweb/histoire/catholique/etat.htm#civile ou voir l’Opéra Le Dialogue des Carmélites de Poulenc d’après un scénario de Bernanos). Je suis surpris que cette idée franchement originale à une certaine époque ait pu devenir…un des thèmes fondamentaux de la campagne 2012. Je comprends, sans approuver, je comprends simplement que des gens ne supportent pas cette idée originale. Ne pas les réduire à des cathos de droites radicaux, la réalité est bien plus complexe. Il y a aussi des gens de gauche qui sont perplexes, des athées, des agnostiques qui sont dubitatifs. Je comprends que cette idée est violemment nouvelle et en total désaccord avec les principes de millions de gens –quand cela ne pose pas de problème particulier à d’autres ‘millions’ de gens. Je suis pour, sur le principe, le mariage entre deux personnes de même sexe, je suis pour l’homoparentalité. Est-ce que cela veut dire que j’en profiterais à titre personnel ? Pas forcément et ça me regarde. Mais je serais rassuré de savoir que je vaux aussi bien que mon voisin, hétéro.

Monis (feat. Philippe Arino) - Lettre Ouverte

 

 Cette année on a vu certains politiques nous expliquer qu’il fallait savoir ce qu’on entendait par égalité. Qu’il ne fallait pas succomber à l’égalitarisme. Etc. Cela devenait du verbiage. Et je me méfie toujours du verbiage. En tant que métis, plus jeune, il était courant d’entendre dire que certes le racisme c’était pas bien mais enfin qu’une blanche et un noir se marient et fassent un gamin ensemble, c’est  assez irresponsable.  Qu’on ne vienne pas me dire ici que ce n’est pas pareil. Je sais bien que dans un cas il s’agit de couleur de peau et dans l’autre d’identité sexuelle. Ou d’orientation. Mais pensez : pendant des siècles il était impensable dans la majeure partie du monde de reconnaître juridiquement un mariage entre un être d’une ethnie et un être d’une autre ethnie. Il a fallu des manifestations, des émeutes, des attentats, des meurtres, du sang, des larmes…pour que ces mariages soient possibles. Rien n’est acquis mais ces mariages sont possibles. Le dialogue constructif entre personnes civilisées, oui, ça peut marcher dans un salon. Mais la diplomatie, le doux dialogue auprès de gens qui ont un avis tranché sur la question et ne sont pas prêt d’en changer, c’est difficile. Très difficile. 

Souvenez-vous Christine Boutin en larmes avec sa bible à l’assemblée nationale lors des débats autour du Pacs. Le Pacs est passé. Il n’y eut pas de déluge particulier. Si déluge il y eut, je ne l’ai pas remarqué. Le temps passe. Les vagues de colère et d’affrontement se déversent. Les rancoeurs s’enfoncent dans les brumes du passé. Si le mariage entre deux personnes de même sexe est voté, j’aimerais savoir la réaction de ceux et celles qui sont contre : descendront-ils dans la rue ? Feront-ils des autodafés ? Seront-ils en larmes ? Déposeront-ils des pétitions, des projets de loi pour faire abroger cette ‘folie’ comme ils l’appellent ? Ou prieront-ils pour notre salut ?

Je me suis concentré sur le mariage, je n’ai pas abordé l’adoption, sujet encore plus houleux je pense. D’ailleurs j’ai trop écrit, trop parlé, je ne suis pas sûr d’avoir dit des choses intéressantes, j’ai écris dans un style décousu. C’est bien simple, je ne devrais pas écrire sur de pareils sujets. Cela n’a aucun sens. Il est beaucoup plus judicieux pour moi d’éteindre l’ordinateur et de regarder un dvd : mes meilleures amies. Vous pouvez voir la bande-annonce sur ce site :

Mes Meilleures Amies - Bande Annonce (VF)

 

JANN HALEXANDER

21 août 2012

Sismondi Barlev Bidjocka, symbole de l'Hypocrisie africaine...

 

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Vous avez aimé Mugabe, Museveni, Nujoma ? Alors vous aimerez Sismondi Barlev Bidjocka ! N'oubliez jamais son visage. Voilà un jeune Camerounais dont on ne sait rien, dont on ignore si c'est un homme intègre, qui non seulement donne des leçons de morale à ses citoyens mais en plus veut se faire un nom, de la publicité en proposant une journée de lutte contre l'Homosexualité. Rien que ça. Et il en est fier.

 Pire : cet individu au comportement douteux et réputé pour sa violence se dit représentatif des jeunesses africaines. Bon heureusement que le Cameroun compte des personnalités comme Alice Nkom, Charles Gueboguo, tout comme heureusement que le continent africain a Mandela ou Desmond Tutu. Parce qu'avec un tel individu qui doit penser que les homosexuels forment forcément une secte puissante visant à la destruction du monde et que l'homosexualité est une valeur (alors que c'est simplement une orientation sexuelle, on n'y peut rien, elle est là), l'Afrique n'ira pas loin. Et de toute façon, elle ne peut pas compter sur les intellectuels africains qui se taisent sur ces sujets, preuvent qu'ils ne sont peut-être pas si intellectuels.

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C'est déprimant, hein? C'est déprimant parce qu'il faut rappeler encore et toujours aux autres sociétés dans le monde que non la haine, le meurtre et la violence ne sont pas des valeurs africaines. Mais comment voulez-vous qu'on vous croit quand tout d'un coup, surgi de nulle part, déboule des personnes effrayantes comme Sismondi Barlev Bidjocka. L'homosexuel est sa seule obsession, sans doute. Il y pense nuit et jour. Dans son lit, au travail. Il attend peut-être que les autorités lui mettent un poignard dans la main et lui disent : Va, tues. La pauvreté, les inégalités sociales, tout ça, il s'en fout, non ce qui l'obsède c'est la vie sexuelle des gens qu'ils croisent et l'envie de savoir si ces gens sont 'comme il faut'. Une pensée pour nos amis africains, homo, hétéro, bisexuel, peu importe, qui sont dépassés, fatigués par ce genre d'individus, qu'ils sachent que nous sommes là, qu'ils ne sont pas seuls. Parce que la route est longue vers le Respect.

 

 J

natif du Gabon

n.b : je n'oublierais jamais à Paris, Marseille, Bruxelles, le Cap, ces rencontres avec des Camerounais qui se disaient en général bi et qui me séduisaient. De merveilleux souvenirs, et je frissonne à l'idée de l'exercice de schyzophrénie auquel ils doivent se livrer quand ils retournent 'au pays'. Heureusement pour les Gabonais, juste en dessus, nous ne sommes pas encore dans ce cas de situation sinistre où la loi prévoit 5 ans d'emprisonnement ferme. Satanée comédie humaine...ah Sismondi, tu veux la célébrité, mais tu l'auras, triste type...