Interview de l'écrivaine Agnès Renaut par Christian de Montagu

 

Agnès Renaut par Jann Halexander

 

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Interview de l'écrivaine Agnès Renaut par Christian de Montagu pour le site Neiges Africaines...

Vous venez, si j'ose dire, du monde de l'écriture, Jann Halexander, plutôt de la chanson, voire de la variété, comment en êtes-vous venus à collaborer ensemble pour créer un disque ?

         Dans une rencontre d’affinités, il y a toujours un mystère. Comme si, en croisant par hasard nos pas, on se rendait compte que certains de nos chemins passent par la même géographie. Disons, quelque part dans une planète qui joue des coïncidences. Et puis, il y a une évidence. On s’aperçoit qu’on a quelque chose à créer ensemble. Alors, on ose. Moi, je rêvais d’un chanteur pour certains de mes textes, j’ai découvert Jann, son style, son univers. Et Jann aime, dans sa planète musique, y faire entrer les autres, parler d’eux… ou les laisser parler. Il a laissé entrer mes mots. Et cela a donné Moi qui rêve


Dans Moi qui rêve, la chanson dont vous avez écrit le texte, il est question de voyage et de sensualité, de don de soi aux Autres : dans l'absolu, ce sont des thèmes qui vous obsèdent ?

         J’ai écrit ce texte dans le désir d’un ailleurs. Dans cet élan vers l’inconnu, vers l’Autre mais aussi cet autre en moi, cette altérité secrète, ce sentiment d’étrangeté. C’est là que se niche mon obsession. C’est là aussi, je crois, que se tisse le lien profond entre soi et les autres. Si quelque chose me hante dans l’écriture, c’est cet espace vacant, mouvant, entre soi et l’autre de l’autre côté, sur l’autre rive. Et dans ce mouvement, l’écriture puise dans le sensoriel, les images mais aussi les autres sens. Pour moi la sensualité n’est pas obsédante car elle n’est pas de l’ordre de l’idée. C’est une matière concrète, sensible, infinie, elle est ma « terre d’écriture », ce dont je suis faite. La sensualité est aussi la voie royale pour aller au-delà de soi, pour se relier aux autres. Je ressens la poétique et la sensualité comme deux fibres vibrantes du vivant. Sans éviter la douleur et sans peur de la joie.

Quelle différence entre écrire une chanson et… écrire un roman ?

         J’écris, sans me poser ce genre de question. Dans la vie comme en écriture, peu m’importe le genre. Car la vie, comme l’écriture, au point de départ de l’inspiration, déborde et brouille les catégories. J’écris un poème qui devient chanson, un texte qui devient roman ou théâtre, un instantané qui devient nouvelle. Il y a l’écriture et ensuite la forme, variable, qui permet de s’inscrire dans un format et un contexte, d’atteindre un public. J’ai longtemps écrit des poèmes avant d’aborder des formes romanesques. Je préfère les textes courts, à court de souffle, ciselés. Ce qui se prête à la poésie, à la chanson, à la nouvelle. La différence entre l’écriture d’une chanson et celle d’un roman, en dehors de la question de longueur de temps et de phrases, est la destination du texte qui va influer la forme, car la lecture solitaire d’un roman  est un autre espace que l’écoute partagée d’une chanson en concert. Ce n’est pas le même travail d’écriture mais c’est le même travail des mots, avec la même exigence.


Serge Gainsbourg, connu pour ses multiples frasques, ses propos facilement provocateurs, disait que la chanson était un art mineur, qu'en pensez-vous ?

         Gainsbourg était avant tout un grand artiste. Sa provocation est à considérer au regard de son exigence, de son envie de secouer les esprits, de pointer l’arrogance et la médiocrité du showbiz. Dire que la chanson est un art mineur, alors même qu’il a contribué à faire de la chanson un art à part entière, un art conjugué de langage, de musique et de poétique, me semble une manière de pourfendre les « variétés » en tant que production industrielle de masse et consommation abêtie, un coup de colère contre les usiniers de la chanson marketée. Il pointe ce qui est plus haut, la musique. En esthétique, la poétique est l’art le plus proche de la musique.  Je dirai que Gainsbourg dénonce ainsi, non pas ce qu’est la chanson, mais ce qu’on en a fait…


Qu'est-ce qui vous marque dans les chansons de Jann Halexander ? Votre chanson préférée de son répertoire, de ce que vous connaissez, à ce jour ?

         Plus qu’un chanteur de variétés, Jann est un chanteur en variations. Je dirai même « en libre variation ». Ce qui me frappe, d’une chanson à l’autre, c’est l’incroyable variété des thèmes, des compositions, voire leur éclectisme. Il joue de différents registres, sombre, mélancolique, réjoui, moqueur ou sarcastique. Et il ose, il y va, il prend le risque, celui de composer une pépite d’or ou un amusement sans façon. Pourtant, on reconnaît JH. S’il échappe aux catégories de « style », de fait il en a un : le sien. Bien à lui. C’est une planète qui lui ressemble : il fait sa chanson comme ça lui va. Ma chanson préférée est Un cèdre sur le toit… Chaque fois que je l’écoute, je ressens une émotion à fleur de larme. Le texte est superbe, la voix entre ciel et terre, la musique en évidence…C’est une chanson parfaite.

Rêver

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Info culture : Parution du livre ‘Nuit à Hogsback, sur les terres sud-africaines de l’Anneau’

Info culture : Parution du livre  ‘Nuit à Hogsback, sur les terres sud-africaines de l’Anneau’

Jann Halexander par Jeff Bonnenfant, Saint-Léonard des Bois

Couverture NUIT A HOGSBACK


 
 
NUIT A HOGSBACK [sur les terres sud-africaines de l’Anneau]
 
…Août 2011. Un touriste, artiste, débarque à Hogsback, hameau paumé en Afrique du Sud, le pays natal de Tolkien, l’auteur du Seigneur des Anneaux. Hogsback est une bourgade étrange, irréelle : des hobbits sont creusés dans les troncs des pins, des elfes en pierre surveillent des villas, la neige tombe sur les montagnes. Il y a l’immensité de la nature, la violence de l’Histoire. Des rencontres surprenantes. Les souvenirs qui remontent. La colère devant la société, ses contradictions. Lourdeur. Légèreté. Immensité. Illusions et désillusions d’une Quête.
 
Chanteur, réalisateur, comédien depuis 2003, Jann Halexander s’est rendu à Hogsback, en Afrique du Sud, en 2011 et en a tiré un récit mêlant petite histoire et grande Histoire où parfois, fiction et réalité se mêlent. L’ouvrage comporte 48 photographies.
 
Nuit à Hogsback, sur les terres sud-africains de Tolkien, de Jann Halexander. 96 pages. 8 euros.
Edité par Trilogie Halexander
 
Points de vente :
Paiement via Paypal  ou par chèque pour 10 euros (frais de port inclus). Par paypal : halexander@voila.fr
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Ouvrage disponible à la Maison de la Presse 79 rue Pajol, 75018 Paris, métro Marx Dormoy (ligne 12)
Par chèque : envoyer un chèque à l’ordre de Trilogie Halexander Loi 1901, chez M.Bonnenfant 4 Bd Carnot 72 000 Le Mans.
L’auteur sera en dédicaces le mardi 21 mai 2013, à La Maison de la Presse, 79 rue Pajol, 75 018 Paris, métro Marx Dormoy, ligne 12.
 
LABEL T.H - 0680150524
 
© Trilogie Halexander
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Extrait
 
La première fois qu’on arrive à Hogsback reste à jamais gravée dans la mémoire. Depuis East London, cette ville portuaire sans grand intérêt, s’étalaient sous mes yeux fatigués, les paysages vallonnés monotones de l’ancien Transkei, ex-bantoustan, aux herbes basses, jaunes et sèches, collines tachetées ici et là de maigres arbres aux troncs noircis par la mort, la foudre peut-être. Au bout d’une heure trente de route, nous entraperçûmes enfin la chaîne de montagnes Amatola. Je dis nous, car, étrange fruit du hasard, je partageais l’arrière de la voiture avec un français, presque trente ans, comme moi, passionné d’Heroic Fantasy. Il voulait également découvrir Hogsback. Ce coin était un aimant.
 
            Il restait encore un peu de neige sur les sommets. Nous approchions du lieu convoité, déjà le paysage changeait, la route montait et de chaque côté se dressaient des pins, des sapins, des mimosas. Le paysage n’était plus le même, l’émerveillement me fit demander au conducteur de s’arrêter un moment afin que je puisse prendre quelques photos. Puis nous repartîmes, toujours plus haut dans la montagne et arrivâmes à Hogsback. A l’entrée de ce village de 1500 habitants, une pancarte représentait un sanglier –ou un phacochère ? Mis à part les quelques Xhosas errant le long de la route principale, Hogsback évoquait un petit patelin du Canada, du Colorado ou de Nouvelle-Zélande. Les lions du parc Kruger étaient loin, les vignes du Cap aussi.

Posté par OmbreMauve à 18:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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